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mardi, 17 juillet 2012

Les représentations sociales du « fou », du « malade mental » et du « dépressif

 

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Les représentations sociales du « fou », du « malade mental » et du « dépressif »


l'Information Psychiatrique. Volume 79, Numéro 10, 887-94, Décembre 2003, Santé mentale : images et réalités
 

Résumé   Summary  

Auteur(s) : Laurent Defromont , Praticien hospitalier, Chef de service, Directeur du Centre collaborateur OMS EPSM Lille. Métropole, Centre Frontières, 211 rue Roger‐Salengro, 51260 Lille‐Hellemmes , Jean‐Luc Roelandt.

Résumé : À partir d‘un échantillon de 10 882 personnes en France et dans l‘Océan indien, nous avons réalisé une analyse textuelle concernant les trois questions. Selon vous, qu‘est‐ce qu‘un fou ?, Selon vous, qu‘est‐ce qu‘un malade mental ? et Selon vous, qu‘est‐ce qu‘un dépressif ? L‘outil informatique utilisé pour traiter cette masse de données permet de mettre en évidence les différences culturelles entre sites, mais aussi de connaître l‘opinion générale sur la maladie mentale dans son acception la plus large. Ces données sont des outils de compréhension de l‘attitude des populations par rapport à la santé mentale, et donc également des individus dans leur relation avec la maladie.

Mots-clés : santé mentale, représentation, épidémiologie, cultures.

ARTICLE

 

Auteur(s) : Laurent Defromont1, Jean-Luc Roelandt2

1 Praticien hospitalier  
2
 Praticien hospitalier, Chef de service, Directeur du Centre collaborateur OMS 
EPSM Lille. Métropole, Centre Frontières, 211 rue Roger-Salengro, 51260 Lille-Hellemmes 

L'évolution de la prise en charge de patients suivis en psychiatrie a fait naître de nouvelles questions. L'apparition de traitements efficaces, les modifications des politiques de santé mentale, la disparition progressive des grandes structures asilaires, la volonté grandissante de réhabilitation des malades mentaux, ont confronté les équipes psychiatriques à de nouveaux problèmes. Il s'agit de la crainte et des oppositions au retour dans la communauté de ceux qui avaient longtemps été rejetés au loin... Ce sont les fous qui consultent les psychiatres ! Mais qu'est-ce que cela veut dire pour le public qu'être « fou » ? Est-ce la même chose que d'être « malade mental » ? Et le « dépressif », que représente-t-il dans notre société ? Quelle image a-t-on de lui ? Quelle signification donner à sa médiatisation ? 

L'accès aux soins passe par la déstigmatisation de la maladie mentale. Le besoin, la nécessité d'information des patients et de leur entourage amènent à faire un effort dans l'exercice d'explication de la maladie, mais aussi dans l'écoute du vocabulaire psychiatrique employé par ces derniers. Qu'est-ce qui est entendu à l'annonce d'un diagnostic ? Que devons-nous comprendre par l'emploi de vocabulaire lié à la psychiatrie par le patient ou ses proches ? Il y a le diagnostic et l'usage profane du terme. Ce type est schizophrène, Mon voisin est débile, Ma copine est hystérique. On voit bien d'ailleurs que l'ensemble des manières de parler la psychiatrie est négative. Ces différents problèmes ont un point commun : l'image de la psychiatrie, de la pathologie psychiatrique, des malades mentaux. 

Ces questions ont entraîné un nouveau courant de recherche en psychiatrie qui s'intéresse à l'étude de l'attitude du public envers les malades mentaux, mais également aux représentations des pathologies psychiatriques ou des psychiatres. L'étude La santé mentale en population générale : images et réalités analyse l'attitude du public et les représentations sociales du « fou », du « malade mentale » et du « dépressif ». Nous proposons une réflexion et des pistes pour comprendre ces représentations et les attitudes qui y sont attachées.

Les représentations sociales Revue de la littérature

La représentation sociale est un concept développé en psychologie sociale par Moscovisci et Jodelet. Pour Jodelet, une représentation sociale « C'est une forme de connaissance socialement élaborée et partagée, ayant une visée pratique et concourante à la construction d'une réalité commune à un ensemble social » [11, 12]. C'est un savoir naïf qui permet de se positionner dans la vie quotidienne. Il est impossible d'accéder directement aux représentations sociales ; elles se situent au carrefour entre l'individu et la collectivité. Mais comment interroger la collectivité ? Il faut d'abord interroger l'individu. Si le psychologique est interrogeable directement, la représentation sociale ne peut être que reconstruite (ou représentée). Ces représentations sociales peuvent impliquer des cognitions complexes. Dan Sperber signale même que « beaucoup de représentations culturelles complexes ne sont jamais rendues publiques sous la forme d'un discours intégré » [20].

Différentes études ont été effectuées sur les attitudes et les représentations sociales et ce qui les caractérise ; nous n'avons pas retrouvé d'étude française référencée [1, 2, 4, 13-15]. Certaines analysent l'impact de l'installation de malades mentaux dans une ville [5]. L'échelle d'évaluation, la Community Attitude to the Mentally Ill (CAMI scale), développée par Taylor et Dear [19], explore trois domaines (peur et exclusion, contrôle social et bienveillance) et est régulièrement employée par les auteurs comme base de leurs travaux. Les études se proposent d'identifier certains facteurs favorisant le rejet des malades mentaux, afin de mieux diriger les interventions éducatives en population générale [16]. Brockington retrouve un lien fort entre la tolérance des sujets, leur âge, leur éducation ou la proximité qu'ils peuvent avoir avec les malades mentaux [3]. L'effet de cette proximité est le plus communément admis ; le fait de connaître directement ou indirectement une personne présentant un trouble mental permettrait une meilleure tolérance. Wollf signale que les personnes les plus « rejetantes » sont les sujets qui ont des enfants à leur charge et les personnes qui ont un faible niveau d'éducation ; il ne retrouve pas de déterminant social [22]. Dans leur revue de la littérature, Hayward et Bright [10] montrent que les malades mentaux sont décrits dans la population comme « dangereux, imprévisibles, il est difficile de parler avec eux, eux seuls sont responsables, ils pourraient s'en sortir par eux-mêmes, ils répondent peu aux traitements. » Certains se sont intéressés à l'un des véhicules présumés de ces représentations des malades mentaux : les médias. Day [6], dans les journaux canadiens, Dudley [8], dans des fictions australiennes, et Wilson étudient la représentation télévisuelle des malades mentaux [21]. Ils notent tous les trois les visions péjoratives des représentations, mais on sait peu de choses sur ce qui motive ces attitudes. Pourquoi telle réaction, telle attitude sont-elles communément tenues par la population ? Les attitudes sont fréquemment étudiées sans qu'on en détermine les fondements.

Méthodologie

Questionnaires

Nous ne revenons pas sur la présentation générale de l'étude exposée par ailleurs [7, 18], nous précisons ici certains éléments concernant notre travail. L'élaboration du questionnaire s'est effectuée sur plusieurs années avec de multiples intervenants de différents domaines. Cela afin de ne pas plaquer un cas clinique psychiatrique qui ne « parle » qu'au psychiatre (c'est ce qui est fait avec les vignettes cliniques qui sont des types cliniques présentés aux interviewés). Il s'agit de faire émerger des entités reconnues par la population. Ce travail a permis de distinguer trois types différents de représentations : le « fou », le « malade mental » et le « dépressif ». Ces trois concepts permettent d'appréhender la conception du champ psychiatrique de la population générale. Trois questions ouvertes sont proposées dans cette étude, systématiquement en début puis en fin d'entretien : Selon vous, qu'est-ce qu'un fou ? Selon vous, qu'est-ce qu'un malade mental ? et Selon vous, qu'est-ce qu'un dépressif ? Les trois questions sont posées dans un ordre aléatoire défini par la feuille de route de chaque enquêteur, afin d'éviter un biais systématique de contamination des réponses entre elles. Notre approche est intermédiaire entre l'enquête d'opinion avec questions fermées et l'enquête de psychologie sociale proprement dite. C'est une recherche unique en son genre. Habituellement les travaux sur les représentations sociales sont effectués sur des entretiens individuels. La reconstruction de la représentation sociale est effectuée par un enquêteur à partir de différents entretiens avec un nombre de sujets restreint. Dans notre cas, la recherche de la représentation concerne une population de plus de 10 800 personnes interrogées. La méthodologie adoptée favorise les réponses courtes (en moyenne 8 mots par réponse), elle ne permet pas d'entrer dans les détails mais d'appréhender une notion plus collective. La répétition de la réponse à grande échelle dégage les invariants liés à celle-ci. C'est donc un travail plus superficiel mais aussi plus global. Notre analyse thématique n'est qu'un angle particulier pour aborder des représentations sociales (tableau 1).

Tableau 1. Les sites concernés par l'étude
Effectifs

Représentatif de

La Grande Comore 918 Ile
Antananarivo 899 Ville de Tananarive
Mahajanga 900 Ville de Mahajanga
Ile Maurice 899 Ile
Réunion 909 Ile
Guadeloupe 855 Ile
Marseille 893 Quartier nord de Marseille
Pyrénées orientales 885 Département
Nantes 413 Ville
Sud des Hauts-de- Seine 900 Chaville-Meudon Montrouge-Malakoff secteurs psychiatriques
Vallée de la Lys 902 Secteur psychiatrique
Lille Hellemmes 608 Secteur psychiatrique
Tourcoing 901 Ville
Total 10 882  

Chaque site est représentatif pour une zone déterminée selon des critères d'âge, de sexe et de catégories socioprofessionnelles. Les différents sites sont représentatifs pour eux-mêmes, c'est-à-dire qu'on ne peut effectuer un amalgame entre eux. Il ne nous est donc pas possible, en théorie, d'extrapoler à la France entière les résultats obtenus pour les sites français. Pour l'instant nous ne pouvons conclure que pour les sites concernés. La suite de l'enquête doit remédier à ce problème, en constituant un échantillon français représentatif nationalement.

Analyse des données

Alceste (Analyse lexicale par contexte de segment de texte) est un logiciel du CNRS (Centre national de la recherche scientifique) et de l'Anvar (Agence nationale pour la valorisation de la recherche). Il est utilisé habituellement pour l'analyse d'entretiens, de questions ouvertes, d'enquêtes socio-économiques, de recueils, de textes divers [17]. Il effectue un travail de synthèse des différents groupes thématiques qui ne reflète pas uniquement une idée globale du thème abordé, mais permet aussi de dégager les différents contextes thématiques dans lesquels sont abordées les questions posées. Ces contextes thématiques sont ensuite corrélés aux groupes proposés. Dans notre cas, il s'agit des sites d'investigation ou des questions posées selon les analyses auxquelles nous avons procédées.

Alceste segmente le corpus à analyser en unités contextuelles (UC). Il étudie ensuite la distribution des mots pleins (autres que les mots outils, pronoms...) dans ces UC. L'analyse des données se fait par tableaux de contingence ou de présence/absence, comportant deux entrées : les UC d'un côté et les formes de l'autre. Pour chaque UC, la répartition des formes est connue. Une comparaison permet de regrouper les UC comprenant un maximum de formes communes. On effectue donc une première division. Et ainsi de suite, en évoluant vers un nombre de classes définies. Il s'agit de la classification hiérarchique descendante. À partir de ces tableaux de contingence, sont calculés des Khi2 d'association, définissant en quelle proportion les items concernés sont attachés à une classe de façon aléatoire. Plus le Khi2 est élevé, plus la probabilité d'être un hasard est faible. Les Khi2 ne sont pas rapportés à une probabilité quantifiée, ce qui n'aurait aucun sens dans ce type de travail. Les chiffres seront donnés essentiellement à titre indicatif. Ils doivent être considérés comme des repères de la liaison.

Nous développerons dans cet article une analyse réalisée sur l'ensemble des données.

• Analyse globale

Cette analyse globale rassemble l'ensemble des sites d'investigation pour une question donnée et permet d'approcher la spécificité culturelle de la représentation pour les différents sites. Les découpages thématiques suivent les spécificités culturelles. Nous dégageons les thèmes qui sont les vecteurs de ces différences culturelles entre les groupes retrouvés.

• Critères

L'analyse textuelle aboutit donc à des regroupements thématiques qui sont exposés sous forme de listes de mots. Nous rapportons leur occurrence (dans le groupe thématique donné) ainsi que le Khi2 d'association (entre le mot et le groupe thématique). Pour chaque groupe, nous avons pris les 40 termes les plus liés (Khi2) et limité les formes sélectionnées à un Khi2 supérieur ou égal à 10. Nous n'avons pris en compte que les mots qui étaient cités au moins 5 fois dans un groupe donné. Nous présentons ici les dix premiers termes. Pour analyser leur sens, nous les avons réintroduit dans leur contexte. Les analyses tendent à décrire un objet signifié qui n'est pas représenté par un signifiant stable ; pourtant nous utilisons ces signifiants en les reformulant afin d'en dégager une idée concrète. Et par là même, nous réintroduisons forcément une erreur par rapport à cet objet signifié.

Résultats

Les représentations du « fou »

À Madagascar (tableau 2), le fou perd son caractère d'humain, il est retourné à l'état de nature, il n'a plus de honte : il est nu, sale, il mange des saletés, il erre et il a un comportement incongru. La folie lui retire sa qualité d'être humain. C'est cette représentation amorale du fou qui le caractérise par rapport aux autres sites, mais c'est la proximité du malade mental, la déficience qui est le plus souvent évoquée à Madagascar.

Tableau 2. Analyse globale des représentations du « fou » à Madagascar
OccurrencesKhi2
Nu +  142 669,56
Incapable +  98 352,47
Promen + er 70 308,09
Excentri <  61 242,85
Vagabond +  54 238,98
Mang + er 56 236,28
Err + er 52 229,66
Hont + e 52 217,68
Inconscient +  75 180,14
Vêtement +  45 179,81

À l'île Maurice et à la Grande Comore (tableau 3), il existe une atteinte des fonctions qui sont défaillantes : affaiblissement, fatigue mentale pour l'île Maurice et défaut de fonctions pour la Grande Comore. Les manifestations de la folie sont essentiellement perçues à travers le discours : l'île Maurice évoquant plus une bizarrerie et la Grande Comore l'absurdité, l'inadaptation.

Tableau 3. Analyse globale des représentations du « fou » à l'île Maurice et à la Grande Comore

OccurrencesKhi2
Fatigue +  55 219,39
Mémoire +  71 197,48
Sain +  54 194,16
Esprit +  116 119,30
Comprendre 66 114,14
Parole +  23 72,21
Intellig <  29 65,61
Affecte +  16 56,63
Tête +  163 52,72
Souci +  21 50,43

En France (tableaux 4 et  5 ), le fou est inadapté au monde, à la réalité et à la société, en dehors des référentiels communs. Sa réalité n'est pas la nôtre ; le « fou » est celui qui vit dans un autre monde tout à fait détaché du nôtre ; il est au-delà des cadres et des limites. Il ne correspond à aucun des schémas qui régissent l'individu. Il échappe à l'entendement, aux lois humaines, aux lois de la nature, aux lois de la psychologie, voire à celles de la physique. On ne peut rien dire du fou. On ne peut rien comprendre du fou, il ne correspond pas à nos schémas de pensée. Autant il est incapable de s'adapter à notre monde (il est dans un autre monde), autant notre monde et ses règles ne peuvent s'adapter à lui. Le fou n'est pas compréhensible, il échappe à toute connaissance. La seule loi concernant le fou est qu'il n'est concerné par aucune (légale, morale, psychologique, physique). On affirme qu'on ne peut rien affirmer pour le fou. Le danger que représente le fou renvoie à son imprévisibilité. Le fou ne s'appartient pas, il a perdu la tête. Il n'a pas tout à fait un droit de regard sur son corps, sur son être même ! Il a un défaut du soi.

Tableau 4. Analyse globale des représentations du « fou » dans les sites français

OccurrencesKhi2
Monde +  166 104,18
Norme +  160 97,59
Réalité +  153 84,64
Folie +  96 77,01
Société +  189 75,63
Danger +  160 70,72
Faculté +  117 50,53
Différ + ent 102 43,95
Repère +  40 32,43
Notion +  55 24,76

Tableau 5. Analyse globale des représentations du « fou » dans les sites français

OccurrencesKhi2
Compte +  37 205,64
Rendre 40 199,91
Terme +  40 135,05
Besoin +  23 106,16
Hopita + l 14 80,36
Péjorati + f 20 75,28
Populaire +  12 67,79
Désign + er 12 67,79
Employ + e 10 62,77
Aide +  10 62,77

Certaines personnes disent que le fou n'existe pas, qu'il existe plusieurs sortes de fou. Certains critiquent le mot fou de manière tout à fait marginale. On note une volonté de rationaliser, de démanteler le concept de « fou » pour l'intégrer au médical, le rattacher à la maladie mentale et instituer le soin. En raison de ses inaptitudes et particulièrement de son incapacité à se rendre compte de son état, le fou a besoin de soins. Mais ces soins ne semblent passer que par un isolement, un lieu spécialisé, un éloignement. C'est l'autre, le médical qui se rend compte pour lui et le prend en charge. La relation qui est faite dans ce groupe thématique est intéressante puisque l'incapacité à se rendre compte de son état est liée à la prise en charge médicale. Cela n'est pas sans rappeler la situation de l'hospitalisation à la demande d'un tiers. On remarquera que le soin n'apparaît que lorsque le terme de fou est critiqué. Ce dernier thème est moins représenté dans la population que les précédents.

Un concept global d'inaptitude, d'insuffisance, d'incapacité ou de défaillance est retrouvé dans tous les groupes. Chaque groupe possède une spécificité. C'est à l'île Maurice et à la Grande Comore que la déficience est la plus caractéristique de la représentation du fou. Il s'agit essentiellement d'une déficience des fonctions, d'un affaiblissement. À Madagascar, il s'agit d'une déficience de la raison et, en France, d'un défaut de contrôle de soi ou de conscience de soi. La notion de norme pour le fou est variable d'un site à l'autre. Elle est essentiellement morale à Madagascar, tout à fait absente pour le site français (le fou n'a plus de repère), alors qu'elle est plutôt d'ordre fonctionnel ou comportemental à l'île Maurice et à la Grande Comore. Nommer comme fou est déjà donner un sens, le rapprocher de quelque chose de connu, c'est-à-dire l'intégrer à une mythique culturelle. Une perte de contact avec le monde, un retour à la nature, un trouble fonctionnel, voilà comment peuvent s'expliquer les excès humains. C'est parce que je n'ai pas accès au signifié des actes du sujet qui se trouve face à moi que je projette sur lui le mythe du fou. C'est mon défaut de sens personnel qui fait de l'autre un fou.

Les représentations du « malade mental »

Aux Comores et à Madagascar (tableau 6) le malade mental est perçu à travers le parler, le faire. C'est le caractère absurde ou transgressif qui vient l'identifier. En termes de déficience, l'esprit du malade mental est atteint quantitativement ou qualitativement. À Madagascar, le fou est très proche du malade mental, de même pour la Grande Comore qui individualise peu les deux concepts.

Tableau 6. Analyse globale des représentations du « malade mental » à Madagascar et à la Grande Comore
OccurrencesKhi2
Incapable +  77 187,28
Parl + er 95 187,11
Toqu + er 49 145,16
Parole +  47 143,81
Acte +  94 137,76
Discours 51 129,52
Insensé +  43 117,25
Inconscient +  50 108,41
Excentri <  29 87,90
Nu +  27 81,75

À l'île Maurice (tableau 7), les notions de fatigue mentale, de stress sont apparentes. Le malade mental est compréhensible et explicable. Il existe des causes à son trouble, les soucis, l'alcool. Il doit suivre un traitement. La notion de traitement est primordiale à l'île Maurice pour définir le malade mental.

Tableau 7. Analyse globale des représentations d'un « malade mental » à l'île Maurice

OccurrencesKhi2
Fatigué +  97 1 101,34
Affecte +  34 304,65
Stress +  23 173,82
Alcool <  22 146,23
Raisonn + er 45 140,84
Nerf +  24 123,02
Fonctionn + er 26 115,09
Boire 13 113,39
Menta + l 117 85,00
Tête +  92 84,95

En France (tableaux 8 et 9), les sites évoquent clairement deux thèmes. Il s'agit surtout d'un problème médical, le malade mental souffre d'un problème psychologique et d'un handicap. On note une forte dualité entre physique et psychique. Il est fait référence pour le malade mental, à l'arsenal héréditaire et biologique bien entendu.

Tableau 8. Analyse globale des représentations d'un « malade mental » en France

OccurrencesKhi2
Troubl + er 235 205,90
Psycholog + 16 230 160,09
Atteint <  166 144,53
Maladie +  289 126,38
Niveau +  119 124,58
Problèm <  356 113,07
Psych + 16 164 86,33
Psychiatr + 16 70 67,65
Souffrir. 116 67,21
Cerveau +  210 63,50

Tableau 9. Analyse globale des représentations d'un « malade mental » en France

OccurrencesKhi2
Monde +  64 100,26
Dépressi + f 86 84,48
Venir 25 68,85
Société +  67 64,10
Vivre 67 56,19
Voir 31 43,19
Réag + ir 35 41,20
Adapt + er 21 36,39
Vie +  70 36,20
Réalité +  46 35,55

La seconde représentation du malade mental est celle d'un autre fou. Le malade mental est moins inadapté par rapport au fou, il existe une forte proximité fou = malade mental. Dans tous les sites, on note un glissement entre le fou et le malade mental. La référence positive ou négative au fou reste très présente ; avant de savoir ce qu'est un malade mental, on sait ce qu'est un fou, cette représentation est évidente. La représentation du fou est une représentation naturelle : elle n'a pas besoin de la science pour exister. Elle fait référence à des notions fortes, comme la différence et la crainte de l'autre. Il faut avoir accès à des notions bien précises avant d'effectuer une distinction entre fou et malade mental ; la représentation sociale du malade mental passe par celle du fou. Pour le malade mental, on ne se situe plus dans l'« être » mais dans l'« avoir ».

Il existe deux polarités. L'une que l'on relie au fou (c'est un être différent), l'autre au malade mental (c'est une maladie). Mais cette différence n'est pas nette. Il s'agit d'une continuité de l'une à l'autre de ces conceptions. D'ailleurs Wilson a été confronté à cette continuité dans son étude sur les représentations des malades mentaux dans les programmes télévisés. Où débute la référence aux malades mentaux et où débute la référence à ce qui n'a pas reçu de sens ? Le malade mental est un fou minoré ou plutôt intégré à une dimension médicale. La notion de traitement chez le fou n'apparaît que lorsque celui-ci est rapproché du malade mental. S'il a une maladie, alors il existe une cause, un traitement. Des causes sont plus fréquemment évoquées pour le malade mental. L'idée de souffrance est quasi-absente pour le fou. Le malade mental est plus rassurant que le fou car il est compris par le médecin, le psychiatre. Il n'est donc pas étonnant qu'on réclame à ce dernier de pouvoir prédire sa dangerosité, ses actes. On peut probablement ici faire le lien avec ceux qui demande la disparition du mot fou. Le médecin connaît sa maladie, il pourra donc savoir quand et comment le malade mental sera dangereux. Les actes insensés deviennent explicables par la maladie.

Les représentations du « dépressif »

Tableau 10. Analyse globale des représentations d'un « dépressif » à Madagascar

OccurrencesKhi2
Acte +  45 314,31
Intellig <  37 285,11
Parole +  28 213,18
Sot +  26 206,79
Anorma + l 33 192,75
Esprit +  39 184,62
Raison +  52 162,23
Dérang + er 21 148,79
Mémoire +  22 141,34
Vêtement +  17 125,65

Tableau 11. Analyse globale des représentations d'un « dépressif » aux Comores

OccurrencesKhi2
Vie +  87 41,67
Triste +  63 38,42
Souci +  55 33,34
Victime +  51 30,83
Accabl + er 48 28,95
Malheur +  41 24,60
Temps 47 21,15
Psycholog + 16 42 20,32
Mélancol + 16 34 20,29
Choc +  31 18,46

Tableau 12. Analyse globale des représentations d'un « dépressif » à l'île Maurice

OccurrencesKhi2
Fatigue +  100 458,67
Souci +  86 376,37
Désol + er 30 331,03
Affecté +  33 289,37
Menta + l 100 263,83
Dégout + er 14 141,98
Fait 86 117,08
Stress +  57 114,66
Néglig + er 9 98,99
Frustr + er 8 67,23

Tableau 13. Analyse globale des représentations d'un « dépressif » en France

OccurrencesKhi2
Noir +  401 450,22
Voir 369 401,18
Triste +  335 165,96
Vie +  496 165,68
Pleur + er 161 111,63
Négati + f 112 96,85
Bro + yer 69 78,45
Idée +  95 70,31
Aller 112 70,14
Goût +  146 65,96

Tableau 14. Analyse globale des représentations d'un « dépressif » en France

OccurrencesKhi2
Nerf +  168 139,92
Nerv + eux 185 130,13
Suite +  78 85,52
Choc +  88 73,91
Travail <  99 70,67
Dépressi + f 153 65,82
Maladie +  99 59,38
Psycholog + 16 75 57,71
Besoin +  45 55,04
Crise +  46 51,93

La dépression à Madagascar (tableau 10) est peu connue (nombre de non-réponse/nb de réponse = 50 %) mais ceux qui la connaissent y décrivent une tristesse de l'humeur, une conséquence à des conflits psychologiques, des déceptions, un deuil.

Aux Comores (tableau 11), le dépressif est proche du fou et du malade mental.

À l'île Maurice (tableau 12), on retrouve la notion de fatigue mentale et de découragement, secondaire à des soucis familiaux, mais aussi à la drogue.

Sur les sites français (tableaux 13 et 14 ), on retrouve deux thèmes, le premier est attaché de façon prédominante aux sites métropolitains, le second à la Réunion et à la Guadeloupe.

En France métropolitaine, il s'agit essentiellement de la souffrance psychologique. On retrouve une théorie de l'humeur. Le sujet est triste, il a une vision négative et, surtout, il est incapable d'assumer la vie courante. Il ne peut faire face.

À la Réunion et à la Guadeloupe, c'est une théorie nerveuse qui prédomine. Le sujet est pris des nerfs, il est nerveux. Il fait des crises, il ne contrôle plus ses émotions. Il pète les plombs. Cela est en relation avec un choc psychologique ou des ennuis : travail, deuil, amour. Il a besoin d'aide. C'est une conception très énergétique d'action/réaction face à des problèmes.

On trouve une notion d'événements traumatiques qui entraîne une réaction du sujet (nerveuse ou maladie). C'est de cette façon qu'interviennent les événements cités plus haut. Ils interviennent également comme les révélateurs d'un état empêchant l'individu d'assumer les soucis de la vie quotidienne. Ces événements ne sont pas traumatisants pour tous, mais ils semblent insurmontables. Dans ce cas, il existe un état prédominant et les soucis sont de moindre importance. Le dépressif se situe souvent à un carrefour entre un état de sa personne et un état réactionnel à un événement extérieur. Il est proche de l'état, pas de l'être. On voit apparaître souvent l'aspect transitoire du trouble. Il s'agit d'une réaction (il est écrasé) ou d'un effondrement de la personne (le sujet implose). Cette distance que nous constatons entre dépressif et maladie (ou le médical) peut remettre en cause ceux qui pensent que les sujets ont facilement recours à la pilule miracle. Certes, le public n'a pas une représentation claire de ce qu'est la dépression (c'est une vision plutôt extensive), mais elle n'évoque pas le traitement en première intention. C'est une relation d'aide qui est évoquée. Mais, inversement, c'est aussi cet aspect qui rend parfois difficile l'acceptation du traitement médicamenteux.

La dépression est méconnue à Madagascar. Elle est non différenciée de la folie et de la maladie mentale en Grande Comore. C'est la fatigue à l'île Maurice et en France. Deux conceptions en termes de représentation : la folie est hors champ médical, la maladie mentale est la folie médicalisée, la dépression est la maladie mentale consciente.

Conclusion

Chaque maladie a une image. Pourtant, en psychiatrie, il existe un vide de représentation, la population a peu de représentations pour penser la psychiatrie. Les représentations qui prédominent sont celles du fou, du malade mental ou du dépressif. Personne ne veut être ou devenir fou, c'est intolérable. La clinique de l'attaque de panique montre qu'il s'agit, avec la peur de la mort, de l'une des plus grandes craintes. Le fou, c'est celui qui n'a pas conscience de lui-même et dont les actes ne peuvent être expliqués. On s'aperçoit avec cette étude que le malade mental a hérité de tous les stigmates du fou, avec la caution médicale en prime ! Pourtant, Henri Ey pensait qu'en ne parlant que de maladies mentales, on réduirait la question de la folie à une insignifiance. Ce n'est pas le cas, et peut-être la même dérive s'attachera-t-elle dans quelque temps aux termes de troubles psychiques. Il en va autrement pour le dépressif dont les événements de vie, l'histoire individuelle justifient l'état actuel. Pour résumer on pourrait dire : le fou est fou, le malade mental a une maladie et le dépressif fait une dépression.

L'étude montre également le décalage persistant entre le vocabulaire populaire de la folie et la sémiologie psychiatrique. Alors comment changer l'image des maladies, des malades et de ceux qui les soignent ? Il ne semble pas pertinent de lutter contre cet archétype du fou, ni même celui du malade mental, qui jouent indubitablement un rôle dans l'imaginaire collectif. En effet, la lutte frontale contre ces représentations peut entraîner un effet inverse : désigner avec encore plus de force et d'exclusion les personnes identifiées et les « surstigmatiser ». Par contre, il est toujours possible, sans tomber dans l'angélisme, de rendre plus proches, plus accessibles, plus humains les troubles mentaux. La dépression est devenue très médiatique ces trente dernières années, c'est de cette façon que son image a changé et qu'elle est moins perçue comme une maladie honteuse. Il faudra montrer les maladies et les médiatiser.

Cette enquête, par la mise au jour des représentations de la folie, de la maladie mentale et la dépression, est le point de départ, dans plusieurs sites, d'actions de communication et d'information en direction de la population et des professionnels de santé, adaptées aux spécificités culturelles de chaque site.

Références

1. Angermeyer MC, Matschinger H. Lay beliefs about mental disorders : a comparison between the western and the eastern parts of Germany. Soc Psychiatry Psychiatr Epidemiol 1999 ; 34 : 275-81.

2. Angermeyer MC, Matschinger H. Public attitude towards psychiatric treatment. Acta Psychiatr Scand 1996 ; 5 : 326-69.

3. Brockington IF, Hall P, Levings J, Murphy C. The Community's tolerance of the mentally ill. Br J Psychiatry 1993 ; 162 : 93-99.

4. Chou KL, Mak KY, Chung PK, Ho K. Attitudes towards mental patients in Hong Kong. Int J Soc Psychiatry 1996 ; 42 : 213-9.

5. Cheung FM. People against the mentally ill : community opposition to residential treatment facilities. Community Ment Health J 1990 ; 26 : 205-12.

6. Day DM, Page S. Portrayal of mental illness in canadian newspapers. Can J Psychiatry 1986 ; 9 : 731-813.

7. Defromont L. Une approche des représentations sociales du « fou » du « malade mental » et du « dépressif », à propos de l'étude la santé mentale en population générale : image et réalité. Mémoire DES inter-région nord-ouest, 2000

8. Dudley M. Images of psychiatry in recent Australian and New Zeland fictions. Aust NZ J Psychiatry 1994 ; 28 : 574-90.

9. Ehrenberg A. La fatigue d'être soi. Paris : Odile Jacob, 1998.

10. Hayward P, Bright JA. Stigma and mental illness : a review and critique. J Mental Health 1997 ; 6 : 345-54.

11. Jodelet D. Les représentations sociales. Paris : PUF Sociologie d'aujourd'hui, 6e édition 1999.

12. Jodelet D. Folies et représentations sociales, Paris : PUF, 1989.

13. Jorm AF, Korten AE, Jacomb PA, Christensen H, Henderson S. Attitudes towards people with a mental disorder : a survey of the Australian public and health professionals. Aust NZ J Psychiatry 1999 ; 33 : 77-83.

14. Jorm AF, Korten AE, Jacomb PA, Christensen H, Rodgers B, Pollitt P. Public beliefs about causes and risk factors for depression and schizophrenia. Soc Psychiatry Psychiatr Epidemiol 1997 ; 32 : 143-8.

15. Ojanen M. Attitudes towards mental patients. Int J Soc Psychiatry 1992 ; 38 : 120-30.

16. Paykel ES, Hart D, Priest RG. Changes in public attitudes to depression during the defeat depression campaign. Br J Psychiatry 1998 ; 173 : 519-22.

17. Reinert M. Alceste : une méthodologie d'analyse des données textuelles et une application : Aurélia de G. de Nerval, Bull Méthodol Sociol 1990 ; 26 : 24-54.

18. Roelant JL, Caria A, Mondière G, et al. La santé mentale en population : image et réalité. L'Information Psychiatrique 2000 ; 76 : 279-92.

19. Taylor SM, Dear MJ. Scaling community attitudes toward the mentally ill. Schizophr Bull 1981 ; 7 : 225-40.

20. Sperber D. Anthropologique des représentations : problèmes et perspectives dans les représentations sociales. Paris : PUF, 1989.

21. Wilson F, Nairn R, Coverdale J, Panapa A. How mental illness is portrayed in children's television. Br J Psychiatry 2000 ; 176 : 440-3.

22. Wolff G, Pathare S, Craig T, Leff J. Community attitudes to mental illness. Br J Psychiatr 1996 ; 168 : 183-90.

Defromont L, Roelandt JL. Les représentations sociales du « fou », du « malade mental » et du « dépressif ». L'Information Psychiatrique 2003 ; 79 : 887-94.

lundi, 09 juillet 2012

Aide aux jeunes en souffrance

Je vous recommande cette vidéo d'un interview du Dr Fréderic Kochman Qui nous parle du fonctionnement de la clinique Lautréamont et de la façon dont les jeunes sont soignés.

C'est une manière novatrice qui porte des résultats très positifs

 http://www.dailymotion.com/video/xrzz18_plus-de-sciences-4_tv?search_algo=1

 Denise

mercredi, 30 mai 2012

Isolement en psychiatrie


TROP DE MESURES D'ISOLEMENT EN PSYCHIATRIE

Maltraitance. Le Comité européen pour la prévention de la torture (CPT) préconise entre autres de revoir les protocoles d’isolement et de mise sous contention.

Le Comité européen pour la prévention de la torture et des peines ou traitements inhumains ou dégradants (CPT) publie un rapport relatif à sa visite en France du 25 novembre au 10 décembre 2010. Pour ce qui a trait à la psychiatrie, il relève un certain nombre de dysfonctionnements et, en particulier, des cas de maltraitance et de recours abusifs à l’isolement et à la contention.
La délégation du CPT a notamment visité le GH Paul-Guiraud (Ile-de-France), l’EPSM Val-de-Lys-Artois (Pas-de-Calais), et le CHS Le Vinatier (Rhône-Alpes). Elle note en préambule que les patients ont généralement parlé « en des termes élogieux de la manière dont ils étaient traités par le personnel hospitalier ». Cela étant, la délégation a recueilli quelques allégations de mauvais traitements de patients. Elle rappelle « qu’aucune forme de violence, physique ou verbale, n’est tolérable » et préconise une formation renforcée sur les situations à risque et les techniques de contrôle manuel des patients hétéro-agressifs. Le CPT souligne également que les interventions du personnel de surveillance pénitentiaire dans les zones de soins des Unités hospitalières spécialement aménagées (UHSA) pour personnes détenues devraient être exceptionnelles et se dérouler de manière proportionnée.
En outre, le Comité recommande des mesures urgentes à l’égard de personnes en attente de placement en unité pour malades difficiles (UMD) et des détenus souffrant de troubles psychiatriques nécessitant une prise en charge hospitalière ; il est apparu que de tels patients sont généralement mis en chambre d’isolement, souvent sous contention, au cours de périodes prolongées, dans des services de psychiatrie générale.
Le CPT note que les pratiques relatives à l’isolement et à la contention varient considérablement d’un établissement à l’autre, voire d’un service à l’autre et recommande de veiller à ce que des protocoles pour ces mesures soient revus et donnent lieu à des consignes écrites sur les procédures à suivre. Lire également avec ce rapport la réponse du gouvernement français.
Depuis la visite du CPT, le GH Paul-Guiraud fait état de plusieurs améliorations (formation, observatoire de la violence, procédure de mise en chambre d’isolement).

  •  Rapport au gouvernement de la République française relatif à la visite effectuée en France par le CPT du 28 novembre au 10 décembre 2010. Avril 2012. Téléchargeable sur le site du CPT.

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mardi, 08 mai 2012

Bipolarité et créativité

Trouble bipolaire, créativité et expériences de vie

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Catégorie : Actualités

Créé le vendredi 4 mai 2012 10:05

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Le trouble bipolaire est considéré comme une maladie mentale sérieuse, durable pouvant altérer la qualité de vie des patients et de leurs familles.

 

Les études démontrent que les personnes affectées par cette maladie ont plus de risque de chômage, de rapports difficiles avec leur famille et leur entourage, un abus de substances (alcool et la drogue) plus élevé que la moyenne de la population, et un taux de suicide 20 fois plus que la population globale.

Les auteurs de cette étude ont tenté d'explorer les détails positifs décrits par les patients affectés par ce trouble. Curieusement, certains patients du trouble bipolaire décrivent des particularités. Les 10 patients englobés dans cette étude sont âgés entre 24 et 57 ans.

Les participants ont décrit un ensemble d'expériences internes et mentales, jugées plus intenses et plus profondes comme par exemple plus une grande sensibilité, plus grande créativité, capacité de concentration, clarté et perception accrue de la pensée.

Certains de ces patients exercent des professions exigeantes, d'autres ont une qualification supérieure leur permettant d'assurer des tâches sophistiquées. Ils ont décrit des périodes où les tâches extrêmement difficiles sont devenues incroyablement faciles, d'autres ont décrit des périodes de créativité, d'une capacité intellectuelle inhabituelle.

Un des patients a décrit son expérience, comment ses capacités intellectuelles sont parfois accrues, il voit la couleur autrement, avec plus d'éclat, la maladie bipolaire a rendu son accès à la musique et aux arts plus simples, et également plus profond. Il utilise la formule suivante : comme si cette maladie était une loupe grandissante entre moi et les émotions.

Il est important de comprendre ces points positifs décrits par les patients affectés par le trouble bipolaire, cela devrait nuancer l'image négative de cette maladie, l'image sociale, mais également l'image que les patients ont de leur propre maladie.

Les patients affectés par la maladie bipolaire peuvent être ingénieux, pleins d'humour, créatifs, mais ils ne sous-estiment pas, pour autant, les moments de dépression et  de tristesse engendrés par cette maladie.

N'oublions pas que de nombreux artistes et écrivains étaient ou sont affectés par le trouble bipolaire.

Réf

Fiona Lobban, Katherine Taylor, Craig Murray, Steven Jones. Bipolar Disorder is a two-edged sword: a qualitative study to understand the positive edge. Journal of Affective Disorders, 2012

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jeudi, 31 mars 2011

Réforme de la psychiatrie

samedi, 05 février 2011

Trouble bipolaire - Un point de vue psychiatrique

 

 

Le trouble bipolaire ou maniaco-dépression, est une maladie mentale grave qui est restée un mystère depuis des décennies.

Le trouble bipolaire a été autour probablement aussi beaucoup à longtemps que l'homme a, et depuis de nombreuses années patients souffrant de trouble bipolaire ont été diagnostiqués comme psychotiques ou schizophréniques. Tout cela a changé pour le mieux il ya vingt ans avec un diagnostic appelé "psychose maniaco-dépressive", et bien plus proche de la compréhension moderne d'aujourd'hui de l'état; spécialistes en psychiatrie à l'époque ne comprenait toujours pas pleinement la maladie.

Ces dernières années, des preuves plus psychiatriques a fait la lumière sur le trouble bipolaire, comme on l'appelle maintenant, et ils ont mis en évidence le problème - un déséquilibre chimique dans le cerveau. Récemment, des spécialistes en psychiatrie et les chercheurs ont également déterminé que le trouble bipolaire a effectivement des degrés variables de gravité et de différents types de symptômes.

Il a longtemps été suggéré que le trouble bipolaire est héréditaire et est héréditaire, mais les chercheurs à l'époque n'avait pas suffisamment de preuves pour appuyer leur théorie. L'étude d'aujourd'hui poursuit cependant et la recherche des fonctions du cerveau ont permis aux chercheurs de prouver à quel point cette maladie est à la fois héréditaires et biologiques.

Selon une recherche publiée dans l'American Journal of Psychiatry en 2000, les patients souffrant de trouble bipolaire ont fait plus de trente pour cent des cellules du cerveau d'une certaine classe qui ont à voir avec l'envoi de signaux dans le cerveau. Ce type de cellule du cerveau régule l'humeur, la façon dont une personne réagit au stress, et les fonctions cognitives. Les cellules du cerveau d'appoint cause directement la manie ou de dépression. Il n'est pas encore connu par les chercheurs en psychiatrie, cependant, pourquoi les patients souffrant de trouble bipolaire ont ces cellules cérébrales supplémentaires, et la recherche génétique se poursuit aujourd'hui pour déterminer ce qui causest cette anomalie des cellules cérébrales.

Suite à des cellules du cerveau et de la chimie du cerveau, les chercheurs en psychiatrie spéculent que des gènes différents dans la constitution génétique des patients bipolaires peuvent également contribuer à la cause et la nature héréditaire de trouble bipolaire. Des recherches récentes suggèrent que les gènes circadiens, qui régulent l'humeur, les hormones, la pression artérielle et l'activité cardiaque mai être liée à un trouble bipolaire. En particulier, l'absence ou l'anomalie du gène semble en réalité de porter sur les différents épisodes de manie.

En conclusion, plus de recherche doit être fait. Il ya encorebeaucoup à découvrir sur le cerveau humain et les forces, les produits chimiques, les réactions et les interactions que l'émotion régulier, et devenus négligents et la cause du trouble bipolaire.

 

jeudi, 16 décembre 2010

Lille ville de la solidarité

L'Etoile Bipolaire ainsi que d'autres associations concernant la personne malade et son entourage,ayant participé à l'élaboration du guide de l'aide à la personne malade et à son entourage

Ce guide est une source très importante de renseignements concernant ce sujet, il recense aussi toutes les associations dont le malade ou les siens peuvent avoir besoin y compris au niveau scolaire, juridique et travail...

 

 

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Suite à cette collaboration, j'ai eu l'honneur d'être invite au lancement de ce guide par Mesdames Martine Aubry et Bernadette Chirac

 

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Ce livret répondant à de grands besoins, je n'ai aucun doute sur son utilité.
 
Notez que ce guide est une première en france et que pour le bien de tous il s'en fera de semblables un peu partout dans la métropole
 
 
Denise

lundi, 06 décembre 2010

Les troubles bipolaires

 

Une définition des troubles bipolaires par BRYSTOL-MYERS SQUIBB

Santé Mentale


Les troubles de l’humeur (appelés dysthymies) correspondent à une perte de capacité d’un individu à contrôler ses affects, son humeur. En cas de dérèglement, l’humeur peut ainsi varier dans des proportions anormales.

Les troubles bipolaires sont des troubles de l’humeur regroupant des symptômes pouvant aller de l’état dépressif à l’accès maniaque, en passant par tous les stades intermédiaires. Il s’agit d’une maladie chronique.

L’humeur peut subir des variations plus ou moins importantes de part et d’autre d’un état d’humeur « normal » (que l’on pourrait représenter par une ligne médiane).

Schéma des troubles de l'humeur

Ce schéma représente une façon d’interpréter les troubles bipolaires aujourd’hui telle qu’admise par l’American Psychiatric Association. [1]

 

Épidémiologie

- En France, les troubles bipolaires touchent entre 1,2% et 5,5% de la population générale

- Dans le monde, leur fréquence varie selon les pays de 0,2% (Canada) à 5,1% (Hongrie) [3]

  • 0,5% en Amérique latine et en Asie
  • v1,5% en Amérique du Nord et en Europe

- Les femmes sont autant touchées que les hommes
- La maladie peut débuter à des âges variables :

  • L’âge des premiers symptômes n’excède pas 15 ans dans un tiers des cas [4]
  • Ils se situent entre 15 et 19 ans dans 27% des cas et surviennent au-delà de 20 ans dans 39% des cas. [5]
  • Les troubles bipolaires débutent chez l’adulte jeune. Selon le NICE (National Institute for Health and Clinical Excellence), le premier épisode survient avant 30 ans. Avec un âge moyen de 17 – 29 ans et un pic à l’adolescence de 15 à 19 ans [6].

Selon l’OMS, les troubles bipolaires sont la sixième cause de handicap chez les personnes de 15 à 44 ans. Source de difficultés chez l’adulte jeune, ils font partie des 10 causes majeures de handicap et de surmortalité reconnues dans le monde.

Symptômes de la maladie

La forme classique des troubles bipolaires consiste en une alternance d’accès dépressifs et d’accès maniaques, entrecoupés de périodes d’état normal. Il peut exister différentes formes cliniques, avec prédominance d’un pôle ou de l’autre, et des symptômes d’intensité variable (en passant par tous les stades de gravité).

Le diagnostic est rendu difficile lorsqu’il existe des formes atténuées, ou des formes où les symptômes sont essentiellement dépressifs.


Dans les troubles bipolaires on peut voir des symptômes dépressifs, hypomaniaques, ou maniaques.

L’épisode dépressif majeur [7]
L’épisode dépressif majeur témoigne d’un affaissement douloureux de l’humeur qui affecte les différentes sphères de la vie psychique, la cognition, les émotions, la motricité mais aussi les rythmes vitaux du sommeil et de l’appétit, ou la capacité à éprouver du plaisir et l’image de soi. Les symptômes qui sont le reflet de cette affection induisent une souffrance cliniquement significative ou une altération du fonctionnement socioprofessionnel.


L’épisode maniaque [7]
L’épisode maniaque correspond, pour sa part, à l’occurrence d’une période nettement délimitée durant laquelle l’humeur est élevée de façon anormale et persistante pendant au moins une semaine.

Au cours de cette période, il existe une atteinte des mêmes domaines que dans l’épisode dépressif majeur, mais seulement trois symptômes sur une liste de sept sont nécessaires au diagnostic d’épisode maniaque, accompagnés d’une altération marquée du fonctionnement professionnel, des activités sociales ou des relations interpersonnelles :

- l’humeur est élevée de façon anormale et persistante, expansive ou irritable, clairement différente de l’humeur non dépressive habituelle, et ce tous les jours pendant au moins 4 jours.
- augmentation de l’estime de soi oui idées de grandeur.
- réduction du besoin de sommeil
- plus grande communicabilité que d’habitude ou désir de parler constamment.
- fuite des idées ou sensations subjectives que les pensées défilent.
- distractibilité (p. ex., l’attention est trop facilement attirée par des stimulus extérieurs sans importance ou insignifiants).
- augmentation de l’activité orientée vers un but (social, professionnel, scolaire ou sexuel) ou agitation psychomotrice.
- engagement excessif dans des activités agréables mais à potentiel élevé de conséquences dommageables (p. ex., la personne se lance sans retenue dans des achats inconsidérés, des conduites sexuelles inconséquentes ou des investissements commerciaux déraisonnables).


L’épisode hypomaniaque [7]
L’épisode hypomaniaque se distingue de l’épisode maniaque par sa durée (au moins quatre jours) et par une altération moindre du fonctionnement global.

Durant cette période de perturbation de l’humeur, au moins 3 des symptômes décrits dans l’épisode maniaque persistent avec une intensité significative.



De façon plus globale, les troubles bipolaires présentent des symptômes répartis en quatre catégories [8] :

- Symptômes touchant l’humeur :

  • Jovialité, euphorie, exaltation, mégalomanie
  • Hostilité, tristesse, irritabilité, anxiété
  • Sentiment de dévalorisation

- Symptômes affectant les fonctions intellectuelles :

  • Accélération de la pensée (surexcitation psychique),
  • Fuite des idées (succession rapide d’idées associée à un discours incohérent)
  • Inhibition
  • Difficulté d’attention et de concentration, troubles de la mémoire, perte d’énergie psychique

- Troubles du comportement :

  • Agitation, hyperactivité, important débit de parole
  • Ralentissement, fatigue, inhibition
  • Anorexie/boulimie
  • Insomnie ou augmentation/diminution du besoin de sommeil
  • Désinhibition sexuelle
  • Violence, suicide

- Symptômes psychotiques :

  • Délires, hallucination

Pathologies associées

[9]

Il est très fréquent que les troubles bipolaires soient associés à une autre pathologie qui peut interférer et retarder leur diagnostic. La fréquence de cette association peut aller jusqu’à 65%.

Ces pathologies sont :
- Abus et dépendance aux substances toxiques, particulièrement l’alcool, mais aussi la cocaïne, le cannabis, les opiacés, les amphétamines.
- Trouble déficit de l’attention/Hyperactivité (chez l’enfant et l’adulte)
- Troubles anxieux
- Troubles obsessionnels compulsifs (TOC)
- Troubles du contrôle des impulsions (kleptomanie, pyromanie, jeu pathologique)
- Troubles de la personnalité (traits de caractères rigides ou inadaptés)
- Troubles du comportement alimentaire

Il est important de rechercher ces pathologies lorsqu’on soupçonne des troubles bipolaires et inversement, de rechercher des troubles bipolaires lorsqu’un patient présente une de ces pathologies.

Facteurs de risque

[10] [11]

Il existe des facteurs pouvant influencer le développement des troubles bipolaires. Ces risques peuvent être génétiques et/ou sociaux.

Facteurs de risques génétiques
En effet, si un membre de la famille souffre d’un trouble bipolaire le risque de développer la maladie est de :

- 40% à 70% si c’est un jumeau monozygote
- 10% si c’est un frère ou une sœur
- 5% à 10% si c’est un parent de premier degré (vs 1% dans la population générale).


Facteurs de risques sociaux
Des facteurs de risques sociaux tels que des événements de vie stressants (problèmes familiaux, conjugaux, professionnels) et l’altération des rythmes peuvent favoriser le développement des troubles bipolaires.

Retentissement professionnel et familial et social
Les troubles bipolaires peuvent être responsables de précarité professionnelle ou de chômage, du fait des arrêts de travail répétés ou des licenciements. De même, les patients plus jeunes peuvent se retrouver en situation d’échec scolaire.

La vie familiale est perturbée de façon importante, tant en ce qui concerne les relations entre conjoints que les relations parents-enfants, ou avec la famille au sens plus large.

Le comportement du patient lors des phases maniaques (dépenses excessives, mauvaise gestion) peut provoquer des difficultés financières. Il peut aussi l’amener à être impliqué dans des actes délictueux ou des situations conflictuelles avec son voisinage.

> Pour avoir plus d’informations sur le retentissement de cette maladie, consultez le lien : http://www.bmsfrance.fr/Zoom-troubles-bipolaires.html#retentissement

Traitement

[12]

L’objectif du traitement des troubles bipolaires est de ramener l’humeur à un état normal, puis de prévenir les récidives d’états maniaques ou d’épisodes dépressifs.

La prise en charge des troubles bipolaires a beaucoup évolué ces dernières décennies. Il y a plus de 50 ans, les médecins n’avaient à leur disposition que peu de traitements médicamenteux.

- Les thymorégulateurs (ou stabilisateurs de l’humeur) sont destinés à réguler les troubles de l’humeur, ils comportent plusieurs classes de médicaments dont certains antiépileptiques ;

- Les antipsychotiques sont indiqués dans le traitement des épisodes maniaques aigus et préviennent, en fonction des molécules, la réapparition de nouveaux épisodes.

Le traitement de la maladie bipolaire nécessite une approche curative et préventive.
La prise en charge thérapeutique des épisodes maniaques dans les troubles bipolaires comporte deux pôles de traitement :

- Le traitement de la crise, destiné à soulager le patient, de façon rapide, efficace et maintenue.
- Le traitement de fond, préventif ou prophylactique, a pour objectif de prévenir la réapparition de nouveaux épisodes.

Cette efficacité thérapeutique est le préalable nécessaire et indispensable à tout travail de restauration sociale, familiale et professionnelle. Certains médicaments sont tout à la fois curatifs à action rapide et prophylactiques. Ce double potentiel se révèle très précieux pour les patients. Ils peuvent ainsi garder le même traitement tout au long de leur maladie et cette simplicité constitue un atout en termes d’observance thérapeutique.

Parce que les troubles bipolaires évoluent sur un mode chronique et récidivant, il est important de tenir compte de la tolérance des médicaments. La survenue des effets secondaires est la principale cause d’un arrêt de traitement, et, en corollaire, de rechute.

 

Thérapies complémentaires

Parallèlement à la prescription de médicaments, l’application de règles d’hygiène de vie (respect d’une quantité d’heures de sommeil et des rythmes sociaux…) et l’institution d’une prise en charge psychothérapique sont nécessaires.

La psychothérapie améliore notamment la qualité de l’observance et apporte un soutien nécessaire au patient et à son entourage. Dans certains cas, la une psychothérapie spécifique peut être justifiée.

Pour en savoir plus, consultez le Guide Affection de Longue Durée – Troubles Bipolaires de la HAS – 2009.

 

[1] Source : American Psychiatric Association Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders, 4th edition, text revision (DSM-IV-TR). American Psychiatric Press ; 2000:382–401 ; Goodwin and Jamison. Manic-Depressive Illness. New York : Oxford University Press, 1990 ; World Health Organization International Statistical Classification of Diseases and Related Health Problems, 10th Revision. Online Version for 2007. Available at : http://www.who.int/classifications/....

[2] M de Zélicourt, et al. Les troubles bipolaires en France. L’Encéphale 2003 ;XXIX:248-53, cahier 1.

[3] Slama F. Epidémiologie des troubles bipolaires de l’humeur. Rev Prat, 2005 ; 55:481-5.

[4] Etude ECHO : Hirschfeld RMA, Lewis L, Vornik LA (2003). Perceptions and impact of bipolar disorder : how far have we really come ? Results of the national depressive and manic-depressive association 2000 survey of individuals with bipolar disorder. J Clin Psychiatry, 64 : 161-174 )

[5] Etude ECHO : Morselli PL and Elgie R. (2003) - GAMIAN-Europe/BEAM survey : I - Global analysis of a patient questionnaire circulated to 3450 members of 12 European advocacy groups operating in the field of mood disorders ; Bipolar Disorders, 5, 265-278.

[6] Nice 2007 - National Institute for Health and Clinical Excellence

[7] Azorin JM. Qu’est-ce que le trouble bipolaire ? L’Encéphale, 2006, Vol. 32, n° 4, Part 2, 489-496

[8] Chiaroni P. Aspects cliniques et diagnostic des troubles bipolaires. Rev Prat 2005 ;55:493-9.

[9] Lipski H, Baylé F. Troubles bipolaires et comorbidité psychiatrique. Rev Prat 2005 ;55:501-6.

[10] Müller–Oerlinghausen B, et al. Bipolar Disorder, Lancet 2002 ; 359 :241-7

[11] Lish JD et al. The National Depressive and Manic-Depressive Association (DMDA) survey of bipolar members. J Aff Dis 1994, 31-281-94.

[12] Gay C, Olié JP. Prise en charge des troubles bipolaires. Rev Prat 2005 ;55:513-22.

samedi, 18 septembre 2010

Être Bipolaire

 

Ce très beau texte de mon amie Amberwood vous expliquera comment elle vit sa bipolarité

 

 

Etre bipolaire

c'est ne plus être soi c'est être deux parfois,

celui qui agit sans se contrôler

celui qui regarde et qui ne comprend pas.

 

Etre bipolaire

c'est aussi partir très loin dans sa tête,

inventer son histoire, sortir de la réalité.

Etre sûr que c'est l'autre qui ne vous comprend pas.

Alors crier plus fort, devenir agressif et parfois, violent

et puis le lendemain ne se souvenir de rien.

 

Etre bipolaire

c'est aussi s'envoler, ne plus avoir de doute, ne plus avoir de peur.

Etre alors convaincu qu'on peut tout réussir jusqu'au plus grand projet jusqu'à sa déchéance.

C'est bouilir d'énergie ne plus la contrôler; ne plus avoir besoin de dormir la nuit.

C'est parler bien plus vite c'est ne plus se comprendre;

ressentir l'énergie habiter votre corps vous sentir bien plus fort.

C'est ne pas supporter que les autres ne suivent pas

qu'ils se fatiguent de vous et parfois, baissent les bras.

 

 

Etre bipolaire

c'est un jour pour rien tomber dans le néant

et se mettre à pleurer ne plus aimer la vie;

c'est se réfugier bien au chaud, dans son lit.

C'est rêver que le jour, demain ne se lève pas.

C'est repousser les gens même ses meilleurs amis.

Ne plus pouvoir sortir de son nid, de chez soi

et être persuadé que le danger est là.

C'est avoir honte aussi de ne plus pouvoir rien faire,

qu'on vous dise , tout le temps de faire un petit effort.

Mais ce qu'ils ne savent pas c'est qu'à ces moments-là

pour nous, à l'intérieur il n'y a plus rien à faire.

 

 

Etre bipolaire

c'est voir la vie qui passe et vous, qui, à côté, n'en faites plus partie.

C'est l'envie d'en finir.

C'est ne plus supporter d'avoir mal, de souffrir

de ne plus se reconnaître.

D'avoir une impression de double identité;

et parfois même pire d'être vraiment habité.

De ne plus rien maîtriser de se faire mal, jusqu'où?

ou de faire mal aux autres..

 

 

Etre bipolaire

c'est lâcher notre monde et partir dans un autre que l'on ne connait pas;

y voir même des êtres, des choses, qui n'existent pas à vos yeux

ni aux nôtres d'ailleurs.

C'est avoir peur de ça.

C'est être en psychiatrie pour rester protégé.

C'est reposer les autres ceux qui vivent avec nous.

C'est que l'on ne nous voit pas, parce qu'on a honte de soi;

c'est la peur de sortir et d'afronter le monde.

Nous demander sans cesse: sommes nous capables ou pas?

 

 

Etre bipolaire,

c'est la médication c'est essayer, sans relâche tant que ça ne marche pas.

Tant que l'on ne peut pas reprendre une vie sereine.

Et c'est subir aussi, les effets secondaires, les tremblements, le flou;

ces moments, où pour nous aider, on est vraiment drogué!

Les moments de colère, de déni de dégoût, de fatigue, de doutes,

et puis de désespoir.

C'est quand on y croit plus et qu'on appelle la mort

pour supporter la vie; qu'on se voit déjà mort

tellement et tellement, qu'on a envie plus fort.

 

 

Et puis si un beau jour à force d'essayer, un peu comme un miracle;

on devenait alors, plus équilibré voire même stabilisé;

alors à ce moment il faut se retrouver

non!

Bien plus que ça encore il faut se découvrir.

Et il faut accepter de vivre sans envolées, sans ces moments qu'on aime, ces vagues de folie.

C'est si paradoxal!

Que même moi je l'avoue comprendre, j'ai du mal...

Il est si difficile de savoir ce qui est bipolaire ou, fait partie de nous;

il nous faut entreprendre une longue route encore.

Se persuader qu'on a sa propre identité.

Qu'on est quelqu'un, malgré la bipolarité.

 

Amberwood.

samedi, 26 juin 2010

Bientôt du nouveau dans le diagnostic de la bipolarité

 

 

Diagnostic du trouble bipolaire avec l'imagerie par résonance magnétique (IRM)
PsychoMédia -  Publié le 25 juin 2010

 

L'imagerie par résonance magnétique (IRM) pourrait bientôt fournir un diagnostic plus rapide et plus précis du trouble bipolaire (maniaco-dépression) a indiqué une chercheuse au congrès du Royal College of Psychiatrists.

Les diagnostics manqués et retardés sont un problème majeur avec le trouble bipolaire, indique Mary Phillips de l'Université de Pittsburgh. "Seulement une personne atteinte sur 5 reçoit un diagnostic correct lors de sa première consultation médicale et il peut se passer dix ans avant de recevoir le bon diagnostic."

 



Un problème majeur est la difficulté de différencier la dépression majeure unipolaire du trouble bipolaire. Le problème, dit-elle, est que les personnes atteintes ont souvent du mal à indiquer à leurs médecins les épisodes d'hypomanie (hypomaniaques), car ils peuvent être vécus comme très agréables ou jugés normaux.

Une étude comparant les images cérébrales de personnes souffrant de dépression (unipolaire) et de dépression du trouble bipolaire montre que les 2 types de dépression se distinguent facilement par des structures d'activité très différentes de l'amygdale (siège de processus émotionnels) et du cortex préfrontal (impliqué dans la régulation émotionnelle).

S'il y avait un plan pour ne réaliser qu'une IRM pour déterminer si une personne présente une dépression bipolaire ou unipolaire, l'auteure suggèrerait de se concentrer sur le cortex préfrontal droit. S'il y a une anomalie dans le fonctionnement entre le cortex préfrontal droit et l'amygdale droit, il est probable qu'il s'agisse d'un trouble bipolaire.

L'enquête annuelle "Cemka-Eval", menée pour Imagerie Santé Avenir (Isa), indiquait justement cette semaine que le nombre d'appareils d'imagerie par résonance magnétique (IRM) est nettement insuffisant dans les établissements hospitaliers français. La France dispose de 543 appareils en 2010, soit 8,7 par million d'habitants, se plaçant en avant-dernière position devant la Turquie. La moyenne européenne est de 17 IRM par million d'habitants en Europe de l'Ouest (hors France) au 1er janvier 2009. La Suisse dispose de près de 30 appareils.

 


Psychomédia avec source:
The Royal College of Psychiatrists

mercredi, 23 juin 2010

Témoignage d'une bipolaire stabilisée

Témoignage « Sortir du silence »

« Le silence de ceux d’entre nous qui se rétablissent complètement renforce les préjugés existants. »
(Frese, 1997)

Sortir du garde-robe demande beaucoup de courage, mais j’ai la conviction que plus nous serons nombreux à nous afficher ouvertement, plus la population révisera ses préjugés envers la maladie mentale. Au risque de m’exposer aux préjugés et à l’exclusion, je vais tenter de vous résumer vingt ans de parcours entre la folie et le rétablissement. Il y a des histoires qui sont difficiles à raconter et d’autres qui sont dévoilées avec fierté. La mienne est le chemin reliant les deux.

Du banc de parc au banc d’école

La folie aura fait des ravages certains dans tout ce que je pouvais espérer de mieux pour moi. Mon adolescence a été parsemée d’hospitalisations, de crises, de colères et de honte. À l’âge de 15 ans, mes rêves de jeune fille se sont envolés lorsque les portes de l’hôpital psychiatrique se sont refermées derrière moi. Je ne comprenais pas ce qui m’arrivait... j’étais terrifiée et en colère. J’y ai connu la salle d’isolement et la contention. Cette période fut mon premier contact avec les préjugés et la honte... j’étais devenue « une malade mentale»!

Adulte, j’ai fait la rencontre de plusieurs psychiatres, eu différents diagnostics, pris de multiples médicaments pour avoir des résultats similaires : je souffrais toujours. Pendant ce temps, mon désespoir continuait de grandir. J’avais des épisodes de manie me propulsant en psychose et me plongeant par la suite en dépression. On a finalement diagnostiqué un trouble bipolaire. Je souffre également d’agoraphobie, peur qui m’a paralysée pendant plusieurs années. Tous ces moments de folie furent très souffrants et humiliants pour moi. Ils m’ont conduite à des endroits que je n’aurais jamais voulu visiter. J’ai habité des lieux sans adresse et y ai trouvé refuge dans les substances. J‘engourdissais ma folie jusqu‘à ce qu‘elle se réveille plus puissante que jamais. L‘errance était devenue ma destination. Rapidement, je me suis perdue, laissant derrière moi mes proches, mon avenir, mes rêves et ma dignité. Jamais je n’aurais cru survivre à ces épreuves... et pourtant...

J’ai été hospitalisée à plusieurs reprises et hébergée dans plusieurs centres de crise et résidences. J’ai erré longtemps dans les services de santé mentale... je cherchais un refuge. Engourdie par les médicaments, on me croyait stabilisée. Je m’étais retrouvée un chez-moi et avais repris contact avec les miens. J’allais à mes rendez-vous chez le médecin, prenais ma médication et les symptômes s‘atténuaient. Et pourtant, je souffrais toujours. J’avais pris au sérieux mon rôle de patiente. Je me croyais condamnée à rester malade et malheureuse. Je mourais à petit feu. Le renoncement et le désespoir m’ont handicapée pendant plusieurs années. J’avais abandonné l’idée d’un avenir pour moi.

L’espoir de Sam

Il suffit parfois d’une simple étincelle pour rallumer la foi en la possibilité d’une vie meilleure pour ceux qui ont perdu tout espoir. Mes enfants ont été des phares dans mon rétablissement. Alors que je vivais un épisode de maladie, mon fils Samuel m’a offert une boule à neige en verre. Il me l’a remise en me disant : « Maman, je sais que ça ne va pas. Lorsque tu ne te sentiras pas bien, secoue cette boule et pendant que la neige tombera, pense à ce que tu feras lorsque tu iras mieux.» J’ai gardé précieusement cette boule d’espoir que je ressors au besoin. Elle est devenue pour moi un symbole de rétablissement. L’espoir commençait à m’animer.

Mon parcours de rétablissement

Pour moi, le rétablissement est un processus unique débutant lorsque la personne décide de ne plus donner au trouble mental le pouvoir de contrôler sa vie. C’est la redécouverte de soi, de ses capacités et de ses rêves tout en se donnant de nouvelles possibilités, et cela avec ou sans la présence de limites et de symptômes engendrés par la maladie mentale. C’est l’espoir d’une vie meilleure.

À travers mon cheminement, j’ai dû prendre des risques et quitter bien souvent mes zones d’inconfort et de confort. Il m’a fallu beaucoup de courage et de persévérance pour franchir chacun des obstacles qui se dressaient devant moi. Plusieurs facteurs ont été déterminants dans mon rétablissement. Afin de retrouver le pouvoir d’agir sur ma vie, il m’aura fallu reconnaître que j’étais atteinte d’une maladie et ne pas en avoir honte. J’ai fréquenté des groupes d’entraide et différentes ressources en santé mentale.

À partir de mes expériences, j’ai appris à identifier mes limites, à avoir un mode de vie sain et à gérer mes symptômes qui sont encore parfois présents. J’ai maintenant un médecin avec qui je peux discuter de rétablissement et qui respecte mes choix quant à l’utilisation de la médication. Tout en contrôlant mes symptômes, les médicaments sont adaptés à mes besoins et leurs effets secondaires ne m’handicapent pas. J’ai fait également la rencontre de professionnels de la santé qui ont appris à me faire confiance et qui ont cru en mon potentiel et en mes rêves. Ils m’ont soutenue tout comme mes pairs, mes amis et ma famille. Ils ont tous cru en moi jusqu’à ce que je puisse moi-même y croire. Je profite de cette occasion pour leur témoigner toute ma gratitude.

Tranquillement, mais sûrement, j’ai recommencé à profiter de la vie, de ma vie. Mes rêves commençaient à germer. Je voulais maintenant aider à mon tour. Je suis fière d’avoir obtenu, avec les encouragements de mes proches, mon diplôme en service social. Tout un exploit que d’investir sept ans d’efforts, entrecoupés par la maladie, les études et l’éducation de deux enfants en bas âge! Je suis maintenant travailleuse sociale et, au quotidien, mon travail redonne un sens aux souffrances du passé. Ce vécu me permet d’être la femme que je suis aujourd’hui et de faire avancer la cause. Je suis une femme d’engagement, solidaire de mes pairs et déterminée à faire du rétablissement un discours en action.

Actuellement, j’offre des formations et des conférences basées sur le partage de mon expérience de vie qui est maintenant reconnue comme une expertise que je peux transmettre à mes pairs et aux intervenants. Je coordonne également un programme national qui, entre autres, fait la promotion de l’embauche de personnes ayant vécu un trouble mental; ceux-ci sont engagés comme intervenants, pairs aidants dans le réseau de la santé mentale. Et, à ce titre, je leur offre de la formation. J’ai également été certifiée pair aidant en Georgie et j’ai enseigné la pratique de l’intervention par les pairs en France. Les pairs aidants sont des modèles d’espoir et d’inspiration pour plusieurs personnes, qui tout comme je l’ai été, se sentent condamnées à vivre dans la folie et dans une existence vide de sens. Finalement, à travers mon parcours, j’ai dû affronter ma peur de la stigmatisation en m’affichant ouvertement face à mon entourage et dans le cadre de mon travail.

Aujourd’hui encore, je fais un pas de plus en m’ouvrant à vous.

En conclusion, ma vie actuelle va bien au-delà de mes rêves les plus fous. J’ai enfin retrouvé mon chemin où mes rêves de jeune fille m’attendaient. Ces rêves de fonder une famille, de réaliser des études universitaires, de voyager, de me réaliser dans un travail pour lequel je ressens de la fierté et, le plus important, d’avoir une vie remplie de bonheur et de rires au quotidien. J’apprécie tellement ma vie… elle m’a tellement manquée!

Nathalie Lagueux


Gouvernement du Québec
© Gouvernement du Québec, 2010

 


jeudi, 10 juin 2010

Mettre la Psychiâtrie et le secteur social au diapason


Pour le Collectif Régional d’Information et de Promotion de la Santé Mentale

Simon Vasseur-Bacle
Chargé de mission Centre Collaborateur OMS (CCOMS), Lille, France - ESPM Lille Métropole
Coordinateur du Collectif Régional d’Information et de Promotion de la Santé Mentale (CRIPSM)

Mettre la psychiatrie et le secteur social au diapason

En partenariat avec le ministère de la jeunesse et des solidarités actives et Touteleurope.fr, « La Croix » présente des actions concrètes de lutte contre l’exclusion sociale (9/30).


La Fédération nationale des associations d’accueil et de réinsertion sociale (Fnars) s’attelle à un projet national d’envergure : précarité et santé mentale.

"À la suite des réunions de travail avec les intervenants sociaux, nous avons constaté qu’ils étaient démunis pour accueillir et suivre les personnes en souffrance psychique, de plus en plus nombreuses dans les rues", explique Lise Fender, chargée de mission Santé à la fédération. L’enquête Samanta, réalisée par le Samu social en 2009, et dont le rapport final est sorti en janvier, confirme cela : un tiers des sans-abri souffrirait de troubles psychiatriques sévères. Le rapport Orain et Chambaud de 2008 en expliquait déjà les raisons : les personnes atteintes de "troubles psychotiques, d’addictions, ou qui présentent des troubles somatiques divers (…) mettent en échec les dispositifs existants et, de ce fait, demeurent à la rue". Un travail de référencement est donc entrepris par la fédération.

"Il faut améliorer les réseaux de prise en charge et rendre la collaboration entre les secteurs psychiatriques et sociaux plus fluide", souligne Lise Fender. La fédération va éditer deux outils de ressource. Le premier est un guide expliquant les méthodes et le lexique médico-psychologique aux intervenants sociaux, et inversement. Le second est un répertoire des structures existantes sur tout le territoire.

Enfin, toujours dans une volonté de cohésion, la Fnars organisera le 2 décembre une journée d’étude nationale : "Précarité et santé mentale : travaillons ensemble". Lise Fenders espère faire émerger des préconisations destinées aux politiques publiques.


Diane Bloch

http://www.touteleurope.fr/fr/divers/toutes-les-informations/article/afficher/fiche/4402/t/44523/from/2891/breve/mettre-la-psychiatrie-et-le-secteur-social-au-diapason.html?cHash=45c1dbde08

En savoir plus :

Fédération nationale des associations de solidarité (Fnars), tél. : 01.48.01.82.00 ou par courriel : fnars@fnars.org

Une idée pour agir - La-Croix.com

Une idée pour l'Europe - Touteleurope.fr

Le dossier de Touteleurope.fr sur l'année européenne de lutte contre la pauvreté et l'exclusion

jeudi, 03 juin 2010

POUR INFORMATION : Diffusion nationale de documents d'information sur la santé mentale

 



Les troubles psychiques et leur traitement ont longtemps souffert d?une image négative, préjudiciable aux soins et à la vie des personnes qui en souffrent.

« Informer pour mieux soigner » tel est l?objectif du Psycom75.

Cet organisme regroupant 5 établissements de santé mentale parisiens a été mis en place pour mieux faire connaître les troubles psychiques et leurs traitements.

Le Psycom75 développe cinq collections de documents à destination du grand public et des professionnels de la santé et du social :
Les troubles psychiques, Les psychothérapies, Les droits et devoirs des usagers, Les médicaments psychotropes et L'organisation des soins.

En cliquant sur le lien
http://www.psycom75.org<http://www.psycom75.org/> vous découvrirez la présentation des documents disponibles et les modalités de commande.

Vous remerciant de l'intérêt que vous porterez à ce message.

Bien cordialement

Aude Caria
Coordinatrice
Psycom75
www.psycom75.org<
http://www.psycom75.org/>

mardi, 11 mai 2010

Quand la psychiatrie aide aux études

 

 


Villeneuve d'Ascq, clinique médico-psychologique

Les jeunes accueillis de 15 à 25 ans souffrent de pathologies psychiatriques : psychoses, troubles des conduites alimentaires, troubles de l'humeur, états dépressifs, troubles de la personnalité, états limites, phobies scolaires et troubles névrotiques invalidants. Nous intervenons en post-aigu en articulation avec le réseau de soins loco-régional.

Contacts :

Clinique Médico-Psychologique
Avenue Paul Langevin
BP10439
59664    Villeneuve d'Ascq Cedex.
Tél : 03 20 43 88 10  - 03 20 43 88 14 (après 21h)
Fax : 03 20 43 88 11
E-mail : cmp.villeneuve@fsef.net

Une équipe polyvalente, des soins diversifiés

La clinique dispose de 26 lits en hospitalisation temps complet et 25 places en hospitalisation de jour. Les jeunes accueillis bénéficient d'une prise en charge associant soins études et réadaptation.

Nous sommes une équipe polyvalente pluridisciplinaire composée de médecins psychiatres, de psychologues, d'infirmiers et d'éducateurs. Nous proposons des soins intégrés dans un projet individualisé pour chaque jeune. Ils consistent en des traitements médicamenteux, des entretiens médicaux, psychothérapiques individuels ou de groupe, en ateliers et des médiations thérapeutiques. La famille est associée au projet dès l'entrée du patient et lors d'entretiens familiaux. L'articulation entre projet de soins et projet pédagogique est un élément majeur de la prise en charge.

Nous préparons activement la réinsertion sociale et à l'orientation professionnelle du jeune.

La scolarité à Villeneuve d'Ascq

L'unité "soins études", annexe pédagogique du lycée Jean Prouvé à Lomme, scolarise des élèves de fin de collège et de lycée en enseignement général. L'enseignement est dispensé par des professeurs de l'Education nationale.

Lors de l'admission à la clinique médico-psychologique de Villeneuve d'Ascq, un projet personnalisé de scolarisation est mis en place en fonction de l'âge de l'élève, de son cursus scolaire antérieur et des ses choix d'orientation. L'assiduité aux cours est obligatoire, des bilans scolaires sont établis régulièrement et portés à la connaissance des élèves et de leur familles.Les activités scolaires sont régies par les règles de vie scolaire. En cas de scolarisation totale ou partielle en dehors de l'unité "soins études", le service des études assure les liens avec les autres établissements scolaires. De la même manière, il accompagne les élèves lors du retour vers l'enseignement en collège ou en lycée.

En fonction des possibilités, l'unité "soins-études" propose un accompagnement adapté aux étudiants post-baccalauréat.

Les demandes d'admission

La demande d'admission se fait par téléphone ou par courrier. Le dossier d'admission comprend les demandes de renseignements administratifs, médicaux et pédagogiques.Le dossier passe en commission d'admission composée du coordinateur médical et du directeur des études.Si les critères d'admission sont remplis, un rendez-vous de pré-admission est fixé.
Suite à ce rendez-vous, s'il y a une indication d'hospitalisation, une entrée est programmée.

Contact admission : Tél : 03 20 43 88 10

L'équipe de direction

 

Directeur : M. CREPIN

Présidente de CME : Mme le Dr GOUDEMAND

Directeur des études : M. VANOVERMEIR

vendredi, 30 avril 2010

Conférence du Dr Elie Hantouche sur la bipolarité et la créativité


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Voici le PPT du Dr Elie Hantouche,  conférence du 22 avril 2010 à la MDA de Lille

 

 

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Accueil du public et présentation de la conférence

 

 

 

 

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Explication d'une image du rétro-projecteur

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Dans le public beaucoup prennent des notes

 

 

 

 

 

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Le Docteur répond à une question

 

 

 

 

 

 

 

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Le public est captivé

 

 

 

 

 

 

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Le Dr Hantouche attentif aux questions posées

 

 

 

 

 

 

 

 

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Démonstration de la beauté de la maladie par la créativité des bipolaires par rapport aux

autres handicaps

 


 

 

 

 

 

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En résumé un public attentif et captivé par cette conférence et le sujet abordé






mardi, 16 mars 2010

INVITATION

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dimanche, 18 octobre 2009

Une interview du Dr Patrick Le Crdinal Par le journal La Voix Du Nord

Actualité Région

Les pairs aidants, ou comment des malades soignent des malades

lundi 16.03.2009, 05:19 - La Voix du Nord

 

 

 Le Dr Le Cardinal: «Nous, médecins, on ne peut tout faire.» Le Dr Le Cardinal: «Nous, médecins, on ne peut tout faire.»

Pour l'instant, ce n'est qu'un projet bien avancé. L'idée : que des malades, volontaires, formés et rémunérés interviennent auprès d'autres malades. Une vraie ressource puisqu'une personne sur trois connaîtra un trouble de santé mentale dans sa vie.

 

Il y a cinq ans, Marie-Christine Thibaut, 53 ans, a été hospitalisée à Armentières pour cause de grave dépression. Une épreuve très douloureuse, en partie derrière elle. Désormais elle est investie dans le secteur de la psychiatrie et porte avec Patrick Le Cardinal, médecin en santé mentale, le projet d'importer dans la métropole lilloise le concept de pairs-aidants.

Cette nouvelle manière d'envisager le soin est née outre-Atlantique et consiste à introduire des malades «  en bonne voie sur le chemin du rétablissement » dans le parcours de soin d'autres malades. Ils passent du temps ensemble, discutent. La relation se construit autour d'un vécu commun.

Proximité

Marie-Christine a mené l'expérience. Elle a accompagné une dame, d'un âge voisin du sien, malade de dépression. « Elle passait sa journée en chemise de nuit, ne sortait pas de chez elle... Et dès qu'elle me voyait, elle retrouvait le sourire. Une fois, on est même allées bras dessus bras dessous acheter un magazine télé, ça a été un grand pas. » (...) « C'est normal, on prenait les mêmes médicaments, on a eu les mêmes symptômes. Je savais ce qu'elle vivait, elle sentait que je la comprenais. »Le docteur Le Cardinal énumère les bons résultats obtenus au Canada et aux États-Unis. Nécessaire car il doit convaincre. En effet, la méthode bouscule le milieu médical habitué à la traditionnelle relation soignant-soigné et implique de demander aux structures de l'argent pour rémunérer les pairs aidants.

Pour lui, «  c'est important de reconnaître que nous, médecins, on ne peut pas tout faire. » Le message est passé, en partie : des formations ont récemment eu lieu, des soutiens officiels ont été apportés et ce projet pourrait voir le jour dans la métropole en 2010. •

LAURENT DECOTTE

PHOTO STÉPHANE MORTAGNE

mercredi, 29 avril 2009

Compte rendu de l'inauguration

L'association Etoile Bipolaire a été inaugurée le jeudi 16 avril 2008


Deux conférenciers ont animé cette soirée : le Dr Frédéric Kochman et le Dr Agnès Lambrichts



Le Dr Kochman a fait une présentation brillante des troubles bipolaires, à la fois axée sur la recherche mondiale, les anecdotes de terrain et l'importance du dépistage précoce chez l'enfant et l'adolescent, ce qui éviterait énormément de suicides des jeunes.

Il a aussi évoqué le projet des "pairs aidants" dont nous sommes partenaires et dont je vous tiendrai au courant de l'évolution et de l'importance de ce projet.

Le Dr Lambrichts a surtout évoqué l'importance de la psycho-éducation et de la prise en charge de sa maladie par le malade lui-même et de son entourage qui peut ainsi prévenir les dérapages.

Elle a parlé aussi de la mallette de psychoéducation à l'usage des professionnels de santé comme il en existe déjà une pour la schizophrénie et à laquelle nous collaborons.

Tous deux ont insisté sur le fait qu'une organisation de bipolaires était primordiale pour soutenir les malades et leur entourage. Ils ont aussi prévu que d'autres rencontres aient lieu à l'avenir et que nos échanges devaient se poursuivre rapidement.

Nous avons remis de nombreux dépliants visant à accroitre notre notoriété dans les sphères municipales et médicales.


Plus de 90 personnes ont participé à cette conférence, des officiels, des psychiatres, des médecins, d'autres personnels de santé, des bipolaires et des accompagnants.


Bref, tout ceci fut une réussite au delà de nos espérances.

 

Denise

 

mardi, 03 mars 2009

Pour mieux comprendre


Pour sa dernière émission de la saison, Ursula Gauthier reçoit Elie Hantouche, auteur - avec Regis Blain - de "La cyclothymie, pour le pire et pour le meilleur. Bipolarité et créativite" (Robert Laffont). Peut-on tirer parti du lien avec la créativité pour aider les tempéraments cyclothymiques à faire face aux périodes dépressives ? Peut-on soigner la cyclothymie et les troubles bipolaires sans altérer la créativité ? Oui, pour le psychiatre, une prise en charge de cette maladie est possible, sans faire craindre aux patients de devenir communs ou semblables aux autres – à condition de bien repérer le trouble, de personnaliser les traitements et de les accompagner dans la durée

Voici donc le lien pour visionner cette vidéo qui vous aidera à comprendre ce dysfonctionnement.
Les explications de cet éminent spécialistes étant très claires

http://www.dailymotion.com/relevance/search/+elie+hantouc...